Acquisition de la morphologie silencieuse en français langue étrangère à l’écrit : le cas de l’accord en nombre

Malin Ågren

Abstract



Le français écrit est caractérisé par de nombreuses marques morphologiques qui ne se prononcent pas. Cet article pose la question de savoir quand et sur quels constituants de la phrase les apprenants de français L2 font l’accord en nombre, souvent silencieux, à l’écrit. Dans une optique de développement qui s’inspire des travaux de Bartning et Schlyter (2004) dans le domaine du français parlé, nous tentons de décrire un itinéraire acquisitionnel de français L2 à l’écrit. Cet article est basé sur une analyse transversale du Corpus Écrit de Français Langue Étrangère (CEFLE) contenant des textes écrits par des apprenants suédophones de français à des niveaux différents. Il s’avère que le développement morphologique à l’écrit est prononcé. Les apprenants ont des facilités d’exprimer l’accord nominal alors que l’accord verbal et l’accord adjectival sont plus tardifs. En outre, le modèle régulier (racine + –s ou –nt) est suremployé dans le domaine irrégulier. De nombreux facteurs contribuent à expliquer ce développement. Dans cet article nous discutons surtout l’impact des facteurs internes de la langue, tels que la fréquence des morphèmes et des items suffixés (Bybee, 1991), le caractère sémantiquement motivé ou non de l’accord (Totereau, 1998) et le transfert.

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